Voici ce qui arrive lorsque l’on décide de ne plus chômer, en chinois…

Vous trouvez une annonce pour un travail 招聘信息 (zhāopìn xìnxī) sur Internet ou dans un magazine, et vous envoyez votre CV 发简历 (fā jiǎnlì). On vous répond. Il est temps d’aller passer l’entretien d’embauche 去面试 (qù miànshì) ou plus littéralement « l’examen face-à-face ». Puis vous « entrez dans votre profession » 入职 (rùzhí) et commencez à travailler 工作 (gōngzuò). Bravo ! 恭喜 (gōngxǐ) ! Peu importe votre profession 职业 (zhíyè), vous faites maintenant partie de « l’ethnie de ceux qui vont au bureau » 上班族 (shàngbānzú). Vous êtes un « travailleur » 劳动者 (láodòngzhě) au sens social du terme et même bientôt un travailleur modèle 劳动模范 (láodòng mófàn) ou même un « Lei Feng vivant » 活雷锋 (huó léifēng). À vous de choisir, entre travail cérébral 脑力劳动 (nǎolì láodòng) et travail physique 体力劳动 (tǐlì láodòng), il y a ce qu’il faut.

Vous travaillerez certainement dans un immeuble de bureaux 办公楼 (bàngōnglóu), immeuble de travail, et aurez votre bureau personnel 办公室 (bàngōngshì) ou pièce de travail. Si vous êtes moins chanceux, vous aurez droit à l’open space 大开间 (dàkāijiān) avec une petite table de travail, entendez « bureau » 办公桌 (bàngōngzhuō) que l’on dit aussi « table à écrire » 写字台 (xiězìtái) et vos outils de travail 办公用具 (bàngōng yòngjù).

Le matin, vous vous serrerez dans le métro pour aller au travail 挤地铁去上班 (jǐ dìtiě qù shàngbān), vous ferez partie des « sommets pendulaires » 上下班高峰 (shàngxiàbān gāofēng) et direz que vous « allez à la compagnie » 上公司 (shàng gōngsī) ou « à l’unité » 上单位 (shàng dānwèi). Vous aurez des collègues 同事 (tóngshì) qui sont « des gens qui font la même chose que vous », des dirigeants 领导 (lǐngdǎo) et des cadres 干部 (gànbù). Vous aurez des supérieurs que l’on dit 上司 (shàngsī) ou 上级 (shàngjí) et vous serez un « sous la main » 手下 (shǒuxià), autrement dit « sous la commande de ». Vous apprendrez ce qu’est la hiérarchie 等级制度 (děngjí zhìdù), à appeler votre patron : 老板 (lǎobǎn) ou 老总 (lǎozǒng) ou 大老板 (dà lǎobǎn) « grand patron », et celui-ci vous donnera des tâches 任务 (rènwù) et vous criera peut-être même dessus pour vous dire 干活 (gànhuó) ! « Travaillez ! ». Mais n’était-ce pas ce que vous vouliez ? Travailler, faire des réunions 开会 (kāihuì), avoir des brainstorming 大脑风暴 (dànǎo fēngbào), faire des rapports 做报告 (zuò bàogào), présenter des projets 介绍项目 (jièshào xiàngmù), monter des projets 做项目 (zuò xiàngmù) ? Tout ça pour quoi ? Pour un salaire évidemment 工资 (gōngzī) !

Vous devenez alors un fou du travail 工作狂 (gōngzuò kuáng), un professionnel 精明能干(jīngmíng nénggàn), un cadre exemplaire de votre entreprise 业务骨干 (yèwù gǔgàn), puis vous finissez par vous lasser et devenir fainéant 偷懒 (tōulǎn). Vous n’avez plus aucun résultat 业绩 (yèjì) et vous démissionnez 辞职 (cízhí), vous partez 离职 (lízhí) ou on vous vire 辞退 (cítuì), voire vous vous mettez carrément en retraite 退休 (tuìxiū).

Mais le cauchemar est fini ! La journée est finie 下班了 (xiàbān le). Finie ? Non… car vous aviez prévu des rendez-vous d’affaires 出去应酬 (chūqù yīngchóu), vous aviez prévu un dîner 约吃饭 (yuēchīfàn) pour discuter d’un projet 谈项目 (tán xiàngmù) et rencontrer vos clients 见客户 (jiànkèhù). Bien sûr, le but est de leur faire signer un contrat 签合同 (qiān hétong). Qu’arrivera-t-il si vous n’arrivez pas à les convaincre 谈不成 (tánbúchéng) ? Ouf… Vous les avez convaincus 谈成了 (tánchéngle) à grands coups de baijiu, car « la vraie Voie du travail est le travail » 天道酬勤 (tiāndào chóuqín). Et si vous travaillez bien 很能干 (hěn nénggàn), vous aurez une augmentation 涨工资 (zhǎng gōngzī), voire même une promotion 升职 (shēngzhí) ! 恭喜发财 (gōngxǐ fācái) ! Je vous souhaite la richesse et la prospérité !