Mettons nous en route pour l’autoroute chinoise du bonheur !

Pour bien partir, il faut bien commencer, mettons donc d’abord le premier pas sur la route avant d’entamer notre voyage de mille li 千里之行始于足下 (qiānlǐ zhī xíng shǐyú zúxià), puis prenons la route 上路 (shànglù) littéralement « montons sur la route ». Au premier croisement 十字路口 (shízì lùkǒu) dont le caractère 十 nous montre bien ce que cela signifie, nous prendrons direction la capitale 首都 (shǒudū) « première ville » qui se dit également 首堵 (shǒudǔ) ou « première des embouteillages » par un jeu de mot sur 都 et 堵 qui ont la même prononciation à un ton près. On utilisera 人来人往 (rén lái rén wǎng) ou « les voitures et les hommes vont et viennent » et 车水马龙 (chēshuǐ mǎlóng) « les voitures semblent de l’eau et les chevaux des dragons » pour décrire le spectacle du trafic dans la ville chinoise.

Pour vous déplacer dans la ville, vous avez plusieurs choix : le premier, le plus ancestral est la marche 走路 (zǒulù), qui signifie « marcher-rue » que l’on peut aussi dire 步行 (bùxíng) dont le premier caractère 步 représente l’empreinte d’un pied et le second « avancer ». Bien sûr, vous pouvez aussi choisir de prendre un véhicule 车 (chē) qui représente un char 車 tiré par des chevaux. Au pays de la bicyclette, vous pouvez évidemment faire du vélo 骑自行车 (qí zìxíngchē) ou plus littéralement « monter sur le véhicule qui avance par lui-même », détrôné ces dernières années par le vélo électrique 电动车 (diàndòngchē)qui signifie « véhicule qui avance à l’électricité ». Pour tout ce qui s’enfourche, on utilisera la particule 骑 (qí) dont le caractère 马 rappelle l’origine du mot.

En revanche pour tous les véhicules où l’on s’assoit, on utilisera 坐 (zuò) ou 乘 (chéng) qui peuvent se combiner en un mot 乘坐 (chéngzuò). Ainsi, le train火车 (huǒchē) ou « véhicule qui marche au feu », 汽车 (qìchē) la voiture ou véhicule qui marche à l’essence, ou l’appareil volant, comprenez l’avion 飞机 (fēijī) ainsi que les autres moyens de transport utilisent tous cette particule.

Si vous n’avez pas de voiture particulière 私人轿车 (sīrén jiàochē), ni de chauffeur 司机 (sījī), vous pouvez toujours vous rabattre sur un taxi 出租车 (chūzūchē) ou 计程车 (jìchéngchē) qui signifie pour le premier « voiture à louer », pour l’autre façon de dire « voiture qui compte le trajet ». Ce qui est intéressant, c’est que pour prendre le taxi, vous pouvez dire « taper le taxi » 打车 (dǎchē) ou 打的 (dǎdī)si vous voulez la jouer “fashion Hong Kong”. Cette particule 打 (dǎ) ne signifie par réellement “frapper”. Elle est utilisée pour beaucoup d’expressions. Les Chinois sont pour la non-violence je le rappelle !

Sinon, vous pouvez toujours prendre les transports publics 公共交通 (gōnggòngjiāotōng) avec le bus 公交车 (gōngjiāochē) qui est une abréviation pour « véhicule de transport public », mais aussi le tramway 地轨 (dìguǐ)littéralement « rail sur le sol » bien qu’il n’existe plus dans la capitale chinoise ou le tentaculaire métro 地铁 (dìtiě) qui signifie « chemin de fer sous le sol » . On dit en général « se serrer dans les transports publics » pour dire qu’on prend le bus 挤公交 (jǐgōngjiāo)ou le métro 挤地铁 (jǐdìtiě).

Mais revenons sur le plancher des vaches, sur la route. La route peut se dire de plusieurs façons en chinois, suivant sa taille généralement. Elle se dit 路 (lù). Cela signifie également rue. On peut également dire 马路 (mǎlù) « voie à cheval » qui s’utilise dans l’expression « écraser la route » 压马路 (yāmǎlù) pour exprimer le fait de se promener sans but précis. En Chine, que de route et rues pour se promener ! Entre la route 大马路 (dàmǎlù), la rue 街道 (jiēdào) lorsque l’on parle d’urbanisme, 道路 (dàolù) lorsque l’on parle de construction ou de voie au sens « philosophique » du terme, c’est le paradis des piétons 行人 (xíngrén) littéralement « gens qui marchent ».  

Sachant qu’en Chine lorsque vous traversez la route 过马路 (guòmǎlù) il ne faut pas s’arrêter au milieu, d’abord parce que c’est le meilleur moyen de se faire écraser, ensuite parce qu’on dit « s’arrêter en route reviens à abandonner tous les efforts effectués ».

Pour dire emprunter ou passer par, vous pouvez utiliser le mot 走 (zǒu) comme pour dire « passer par le pont au dessus de la chaussée » 走天桥 (zǒu tiānqiáo), meilleur moyen pour éviter d’être pris pour une quille par un automobiliste, ou 走人行道 (zǒu rénxíngdào) pour emprunter le passage piéton, vous pouvez aussi choisir le souterrain 地下通道 (dìxià tōngdào) qui peut vous éviter beaucoup de dangers.  

Dans les petites rues de Beijing, les venelles 胡同 (hútong) vous feront découvrir le charme des quartiers aux petites rues 小巷 (xiǎoxiàng) interdites aux voitures. Sur les montagnes, les petits chemins escarpés, comme en français, sont comparés à des boyaux de moutons 羊肠小道 (yángcháng xiǎodào). Enfin la Route de la Soie 丝绸之路 (sīchóu zhī lù) est la route la plus célèbre de Chine.

Pourtant, ne vous précipitez pas, car lorsque l’on se précipite on n’arrive pas à bon port 欲速不达 (yù sù bù dá) et vous risquez de vous retrouver dans une impasse 走投无路 (zǒutóu wú lù). En attendant, je vous souhaite une route paisible : 一路平安 (yīlù píng’ān) !