Dans le Larousse, ça paraît simple…


Chinois : langue parlée en Chine, et plus spécialement la langue commune, basée sur le dialecte du Nord.

Larousse

Le chinois désigne de façon large la langue parlée en Chine par les habitants de la Chine ou par la diaspora chinois à l’étranger, et principalement les Chinois de l’ethnie han. Le chinois possède de nombreuses appellations différentes qui peuvent être équivalentes, mais peuvent aussi désigner des choses très différentes.

Dire que le chinois est la langue des Chinois est vrai. Tous les habitants de Chine, peu importe leur ethnie, leur culture, même les étrangers résidents sont censés parler chinois car c’est effectivement la langue présente partout et la langue officielle du pays. Mais il existe des dialectes en Chine (7 majeurs et une myriade de mineurs) et même des langues étrangères au chinois (coréen, tibétain, mandchou, ouïgour, russe).

Ainsi, un Chinois de Jinan (dans le Shandong, donc le Nord), ne comprendra qu’avec difficulté son voisin de Zibo (toujours dans le Shandong à 100 km à l’est) à cause de son accent et du vocabulaire de son dialecte. Un Pékinois sera, lui, incapable de comprendre un compatriote shanghaïen ou cantonais et vice-versa.

Enfin, les Tibétains, les Mandchous, les Mongols, les Ouïgours ou encore les Coréens ou les Russes présents en Chine parlent, eux, d’autres langues étrangères en plus du chinois (parfois, pas toujours).

Le seul moyen de se comprendre est donc de parler en chinois mandarin standard ou d’écrire en chinois.

La « langue commune et généralisée » : putonghua 普通话

« 普通话以北京语音为标准音,以北方话为基础,以典范的现代白话文著作为语法规范。 »

« La langue commune et généralisée a pour phonétique de base la phonétique de Pékin, pour base les dialectes du Nord, et les écrits en langue baihua contemporaine et normale pour norme grammaticale. »

Définition du chinois mandarin standard dans le Dictionnaire Xinhua (dictionnaire de référence du chinois standard)

La parenthèse du pinyin 拼音

Le chinois mandarin standard qui se cache derrière l’appellation
traduite littéralement ici « langue commune et généralisée », se transcrit en phonétique grâce au système du pinyin  拼音 . Ce n’est pas du chinois. C’est difficilement compréhensible pour les non-initiés voire incompréhensible sous forme de texte même en séparant les mots pour les sinophones.

EXEMPLE : Wo shi xihuan chi shizi de shi shizi.

En caractères chinois : 我是喜欢吃柿子的石狮子。
Traduction : Je suis un lion de pierre qui aime manger des kakis.

Même si ce n’est pas forcément plus clair pour vous en caractères chinois, ça l’est pour un sinophone.

La langue officielle

Le putonghua est une forme de guanhua 官话 « langue officielle ». Elle est appelée 中文 par les Nations-Unies et désignée par d’autres termes à Taïwan, Hong-Kong, Singapour et dans la diaspora chinoise de par le monde.

Le chinois standard sur l’île de Taïwan est appelé « langue nationale » guoyu  国语 et non pas « langue commune et généralisée » putonghua et n’utilise pas les mêmes expressions. Ainsi, SMS se dit duanxin  短信 en putonghua alors qu’il se dit jianxun  简讯 en guoyu à Taïwan. A part au niveau du vocabulaire, et une prononciation plus douce et moins nasale du guoyu, la différence avec le putonghua n’est pas flagrante.

A Hong-Kong, on l’appelle zhongwen 中文 comme aux Nations-Unies, mais on parle le yueyu : « la langue Yue » (forme de cantonais) ou carrément hongkongais ganghua 港话 .

A Singapour, on l’appelle huayu  华语 , terme aussi utilisé quand on parle du chinois parlé par les Chinois partout dans le monde et notamment par la diaspora. Huayu  华语 pour la langue en générale ou la langue parlée, et huawen  华文 pour l’écriture. L’expression vient de l’appellation honorifique de la Chine : huaxia  华夏 ou zhonghua  中华 .

A l’oral, les Chinois disent généralement qu’ils parlent la « parole de la Chine » : zhongguohua 中国话 . Et tout devient plus simple !

Mais il y a chinois et chinois !

Le chinois écrit ou littéraire shumianyu 书面语  (litt. « langue sur les pages des livres ») est différent du chinois parlé. Le chinois écrit se diviste en chinois contemporain xiandai hanyu shumianyu  现代汉语书面语, vernaculaire baihuwen 白话文 , classique gudai hanyu 古代汉语 (équivalent lointain de notre bon vieux latin) .

Chinois simplifié ou chinois traditionnel /complexe ?

Vous pensiez qu’on en avait fini avec le chinois ?

L’écriture chinoise au cours de sa loooooooooooooooooooongue histoire de 5 000 ans a connu beaucoup d’évolutions. Aujourd’hui, on distingue deux sortes d’écritures : les caractères simplifiés jiantizi  简体字 ou jianhuazi 简化字 et les caractères traditionnels ou complexes fantizi  繁体字 . Les premiers sont utilisés en Chine continentale, les autres à Taïwan, Hong-Kong, Macao, Singapour, dans les quartiers chinois du monde entier ET en Chine continentale ! Rassurez-vous, c’est seulement pour les enseignes publicitaires et la calligraphie… Ouf !

Les caractères chinois ou sinogrammes hanzi  汉字 (litt. écriture han) ne sont pas tous des dessins ! Ce sont encore moins des lettres ! Certains sont des pictogrammes, d’autres des idéogrammes, d’autres des idéophonogrammes et d’autres des emprunts… Il faut en connaître 3 000 à 6 000 (niveau universitaire) pour bien lire et écrire le chinois. En comparaison, en japonais, il suffit d’en connaître 2 000 à 3 000.

Les caractères chinois sont composés d’éléments graphiques qui s’ajoutent les uns aux autres pour créer du sens ou donner le son et parfois le sens ET le son d’un sinogramme (les « super-idéophonogrammes »).

Un caractère chinois = une syllabe, mais un caractère chinois n’est pas un mot. La plupart des mots chinois ont une, deux, trois, quatre syllabes. Ceux qui en ont quatre ou plus sont généralement des mots étrangers transcrits en langue chinoise. Comme capitalisme 资本主义 zi-ben-zhu-yi = 4 syllabes alors que confucianisme 儒家 ru-jia = 2 syllabes. Le premier est donc une traduction d’un mot étranger, tandis que le second est un mot typiquement chinois.

Ton tonton tond ton tonton

Si cette phrase signifie quelque chose en français même sans tons, en chinois elle serait incompréhensible. En effet, il existe 5 tons dont 1 ton neutre qui servent à différencier les syllabes, car les syllabes disponibles sont peu nombreuses dans cette langue.

Se tromper dans les tons peut donner des situations à la fois amusantes et très gênantes telles que dire « Monsieur Wang est une crotte verte » au lieu de « Monsieur Wang est un avocat » ou encore « Bonjour vieille crotte ! » au lieu « Bonjour professeur ! » Ce qui serait le comble de l’irrévérence en Chine…

C’est sur ces considérations hautement spirituelles que je vous laisse méditer à l’apprentissage du chinois, à la traduction de cette langue et aux défis quotidiens que cela représente pour bien se faire entendre et bien s’entendre en chinois.

Votre humble serviteur,

Sébastien Roussillat

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